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name: La tavelure et les variétés qui résistent
heading: Reconnaître la tavelure et s'en passer sans fongicide
title: "Tavelure du pommier : quelles variétés résistent sans traitement"
metaDescription: >-
  Taches olive sur les feuilles, croûtes sur les fruits, années humides. Ce qui
  marche vraiment dans un verger de l'Yonne, et les pommes qui n'attrapent rien.
socialTitle: Les pommiers qui traversent un printemps humide sans une tache
intro: >-
  La tavelure décide plus de vergers de particuliers que le gel et les
  campagnols réunis. Elle arrive avec les pluies d'avril, elle marque les
  feuilles, elle croûte les pommes, et elle revient chaque année au même endroit
  parce qu'elle a passé l'hiver par terre. Elle se règle sans pulvériser quoi que
  ce soit, à condition d'avoir choisi la bonne variété au départ.
season: spring
publishedAt: '2027-04-08'
featured: true
plants: [pomme-jolibois-de-gurgy, pomme-jacquet-de-l-yonne, pomme-court-pendu-gris, pomme-patte-de-loup, pomme-reine-des-reinettes, pomme-calville-blanc, prunellier]
categories: [pommiers-anciens, fruitiers, haies-champetres]
services: [entretien-et-taille, creation-de-verger, conseil-et-plan-de-plantation]
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## À quoi ressemble la tavelure sur une feuille et sur une pomme

Sur la feuille, cela commence par des taches d'un vert olive un peu velouté, aux
bords flous, plutôt sur le dessus du limbe. Elles brunissent, elles s'étendent,
la feuille jaunit autour et finit par tomber en juillet. Un pommier qui perd la
moitié de son feuillage en plein été ne fabrique plus de réserves, et cela se
paie l'année suivante en fleurs et en bois.

Sur le fruit, ce sont des taches brunes puis noires, sèches, un peu liégeuses au
toucher. Quand elles arrivent tôt sur une jeune pomme, la peau cesse de grandir
là où elle est marquée alors que la chair continue : la pomme se fend, et elle
pourrit dans le fruitier avant Noël.

La pomme tavelée reste comestible. On l'épluche, on la mange en compote, et
personne n'en est mort. Ce qui coûte cher, c'est la conservation : une pomme de
garde tavelée ne se garde plus.

## Pourquoi certaines années sont catastrophiques

Le champignon passe l'hiver dans les feuilles mortes tombées au pied de l'arbre.
Au printemps, dans ces feuilles, il fabrique des spores qui attendent une seule
chose : de la pluie au moment du débourrement.

Il faut que la jeune feuille reste mouillée plusieurs heures d'affilée pour que
la contamination prenne, et que la température soit douce. Un avril sec et
venteux ne donne presque rien. Un avril à pluies répétées, comme nous en avons
un sur deux ou trois dans l'Yonne, contamine tout le verger en trois semaines.
Ensuite, chaque nouvelle pluie relance à partir des taches déjà installées, et
cela dure jusqu'en août.

C'est pour cela que le même arbre peut passer deux ans sans une marque puis se
couvrir en un printemps, sans que rien n'ait changé dans sa conduite.

## Ramasser les feuilles à l'automne

C'est le geste qui donne le plus de résultat pour le moins de travail, et
c'est celui que personne ne fait.

Toutes les spores de l'année à venir sont dans les feuilles tombées sous
l'arbre. Ramassées en novembre et compostées en tas chaud, ou simplement
emportées loin du verger, elles ne contamineront rien. Laissées sur place,
elles rechargent l'inoculum et le printemps repart au même niveau que l'année
précédente.

Le même passage sert à enlever les fruits momifiés restés accrochés dans les
branches, qui hébergent la moniliose de la même façon. Une heure en novembre
sous chaque arbre, et le verger part avec beaucoup moins de pression au
printemps.

Un broyage à la tondeuse fonctionne aussi, s'il est fait tôt et fin : les vers
de terre finissent le travail pendant l'hiver.

## Ouvrir le centre de l'arbre

Une couronne fermée garde l'humidité. La feuille du milieu de l'arbre sèche
trois heures après celle du bord, et ces trois heures suffisent à faire la
différence entre une contamination et rien du tout.

La taille d'aération consiste à enlever le bois mort, les branches qui se
croisent et celles qui rentrent vers le tronc, jusqu'à ce que la lumière traverse
la couronne. Sur la Reine des Reinettes, l'aération est sa vraie protection : la
tavelure est son défaut connu en année humide, et un arbre ouvert la traverse là
où un arbre fermé la subit. Le Calville blanc réclame la même attention, et le
feuillage sec fait chez lui plus de travail que n'importe quelle bouillie.

Comptez une taille légère chaque hiver plutôt qu'une grosse ouverture tous les
cinq ans. Une grosse plaie sur du bois âgé ne se referme jamais et ouvre la
porte à d'autres champignons.

## Les variétés qui s'en sortent chez nous

Tout se joue en dix secondes, le jour où l'on lit une étiquette dans une allée.
Aucun geste fait ensuite n'aura le poids de celui-là.

Le Jolibois de Gurgy attrape peu la tavelure. C'est ce qui en fait un arbre
tranquille dans un verger sans traitement, en plus d'être productif et de se
garder jusqu'au printemps dans une cave. Le Jacquet de l'Yonne demande beaucoup
moins de surveillance qu'une variété rapportée d'ailleurs : il a été sélectionné
ici, sous ce climat, par des gens qui ne pulvérisaient rien. Le Court-pendu gris
et la Patte de loup se comportent bien aussi, et ils ont le mérite de tenir dans
des situations où l'on ne passe pas souvent.

Aucun de ces arbres n'est immunisé. Une variété peu sensible marque un peu dans
un printemps très pluvieux, garde ses feuilles jusqu'en octobre et donne ses
pommes. Une variété sensible au même endroit se retrouve nue en août.

## Celles qui demandent de la surveillance

La Reine des Reinettes est une excellente pomme et la meilleure pollinisatrice
du verger. Son défaut est la tavelure en année humide. Elle se plante quand
même, sur un emplacement aéré, avec l'idée de tailler sérieusement chaque hiver.

Le Calville blanc est plus délicat encore. Il attrape la tavelure et il n'aime
pas le vent. Sur la bonne parcelle, à l'abri et bien aérée, il tient très bien ;
dans un fond de vallée humide, il occupera tous les printemps de sa vie.

Le rôle de l'emplacement est aussi grand que celui de la variété. La même pomme
dans un fond humide et sur un coteau ouvert donne deux résultats sans rapport, et
cet écart ne se rattrape avec aucun produit.

## La haie compte aussi

Le prunellier héberge la tavelure et les pucerons. C'est un arbuste que nous
plantons volontiers dans les haies champêtres, pour ses fleurs de mars et pour
ses fruits, et il n'y a pas de raison de le retirer d'une haie. Il y a une raison
de ne pas le coller contre le verger.

Deux mètres de recul entre la haie et la première ligne d'arbres suffisent
généralement, et cela sert aussi à ce que la haie ne fasse pas d'ombre sur les
fruitiers.

## Passez voir les arbres en septembre

Le meilleur moment pour juger une variété sur la tavelure est la fin de l'été,
quand les feuilles sont encore là et que les fruits sont formés. Nos rangs sont
dehors, sans traitement, sous le même climat que votre jardin. Venez regarder
les feuillages avant de choisir, notez les variétés qui sont encore propres en
septembre, et revenez chercher les plants entre novembre et mars. Si vous avez
un vieux pommier qui se couvre de taches chaque année, dites-le nous : une
restauration en plusieurs hivers règle souvent le problème sans qu'on ait rien à
pulvériser.
