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name: Planter à racines nues
heading: Planter à racines nues, la façon dont les pépiniéristes plantent
title: "Planter à racines nues : quand et comment, de novembre à mars"
metaDescription: >-
  Un arbre vendu sans pot reprend mieux et coûte moins cher qu'un sujet en
  conteneur. Le mode d'emploi d'une pépinière de l'Yonne, geste par geste.
socialTitle: Pourquoi nous vendons nos fruitiers sans pot
intro: >-
  De novembre à mars, on arrache. À la fourche, le matin, dans les rangs
  derrière la serre. L'après-midi, les plants repartent dans des coffres de
  voiture et se retrouvent en terre le week-end suivant. Un arbre vendu sans
  pot surprend toujours la première fois : ça ressemble à un bâton avec des
  cheveux au bout. C'est pourtant ce qui reprend le mieux.
season: winter
publishedAt: '2026-11-05'
featured: true
plants: [pomme-avrolles, pomme-court-pendu-gris, pomme-patte-de-loup, poire-cure, cassissier, noisetier]
categories: [fruitiers, pommiers-anciens, haies-champetres]
services: [creation-de-verger, plantation-de-haie]
image: planter-a-racines-nues
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## Qu'est-ce qu'un plant à racines nues

Un arbre arraché en pleine dormance, sans motte et sans conteneur. Posé sur
l'établi, les racines encore terreuses, il ressemble à un bâton avec des cheveux
au bout, et personne n'a jamais envie de payer pour ça la première fois.

Un scion arraché la semaine dernière et remis en terre dimanche ne s'aperçoit
presque de rien. Il a laissé quelques radicelles dans le rang, on lui a
rafraîchi les pointes au sécateur, et il repart avec des racines qui filent
droit dans toutes les directions. Le même arbre en conteneur a passé deux ans à
tourner le long d'une paroi en plastique, et quand on le sort du pot la spirale
est imprimée dans la motte. Elle ne se défait pas toujours.

L'écart est encore plus net sur les arbustes. Un cassissier ou un noisetier
arraché en janvier n'a pas d'autre ambition que de faire des racines jusqu'en
mars, et il donne quelque chose dès l'été suivant.

Il y a aussi le prix. Une haie de cinquante mètres en racines nues, ce n'est pas
la même dépense que cinquante conteneurs de trois litres. C'est ce qui permet de
planter long plutôt que de planter dix mètres et de renoncer au reste.

## Comment nous arrachons les plants

Nous ne stockons pas. Les arbres restent dans le rang jusqu'à ce que quelqu'un
les demande, et on va les chercher le jour même. Une Avrolles, un Court-pendu
gris, une Patte de loup, un poirier Curé : ils passent l'hiver debout dans la
terre où ils ont poussé, et ils en sortent le matin où vous venez. C'est un peu plus de travail et
ça change beaucoup de choses : entre l'arrachage et la mise en terre chez vous,
il se passe quelques heures au lieu de quelques semaines.

Le moment critique tient dans ces heures-là. Un quart d'heure au soleil sur une
remorque, un jour de vent d'est, suffit à griller le chevelu fin, celui qui
absorbe. On garde donc les plants en sac, à l'ombre, et on les remet dans le noir
dès qu'on a fini de les regarder.

Si vous rentrez et que la semaine s'annonce gelée, ne laissez pas le sac dans le
garage. Ouvrez une tranchée dans un coin abrité, couchez les racines dedans,
recouvrez de terre fine et arrosez une fois. C'est la mise en jauge. Un plant
patiente là un mois sans rien perdre, et il vaut mille fois mieux ça qu'une
plantation faite en catastrophe dans une terre gelée.

## Quand planter à racines nues dans l'Yonne

La saison s'ouvre à la chute des feuilles, chez nous dans la première quinzaine
de novembre, et se referme quand les bourgeons gonflent, autour de la mi-mars.
Entre les deux, deux périodes se refusent.

La terre gelée en profondeur, d'abord. Les mottes ne se referment pas autour des
racines, il reste des poches d'air, et l'arbre passe l'hiver avec la moitié de
son chevelu dans le vide.

La terre trempée ensuite, plus fréquente que le gel dans notre coin. Après six
jours de pluie, une argile de Puisaye se travaille comme du mastic : on la
tasse, elle se lisse, et au printemps elle a la dureté d'une brique. Deux ou
trois jours de ressuyage suffisent.

## Comment praliner les racines

Il y a une bassine dans la cour, entre novembre et mars : terre fine, compost
bien mûr et eau, battus jusqu'à la consistance d'une pâte à crêpes épaisse. On y
trempe les racines juste avant que vous ne repreniez la route.

Ce n'est pas un engrais et ça ne nourrit rien. Le pralin colle un film de terre
humide contre chaque radicelle, chasse l'air, et empêche le dessèchement pendant
le trajet. Dans nos terres motteuses, il fait un second travail : il assure le
contact entre la racine et une terre qui, sans lui, laisserait des vides partout.

Avant de tremper, on rafraîchit les extrémités au sécateur. Une coupe nette sur
du bois vivant cicatrise et repart. Une racine déchirée à l'arrachage pourrit.
On enlève ce qui est abîmé et rien de plus, parce que chaque centimètre de
racine coupé est un centimètre que l'arbre devra refaire.

## Comment planter, geste par geste

Ouvrez large. C'est la seule chose qu'il faut retenir, et c'est celle qu'on
oublie le plus. Un trou de la taille du seau où trempait le plant, on en voit le
résultat trois ans plus tard : l'arbre a la taille d'un balai, il fait des
feuilles de plus en plus petites, et il refuse de bouger. Comptez une bonne
fourche à bêcher de large pour un fruitier, et pas plus profond que la hauteur
des racines.

Griffez les parois. Un coup de bêche dans une argile humide lisse la paroi comme
un moule de potier, et les racines butent dessus sans jamais en sortir. Cassez
aussi le fond, sinon le trou fait baignoire.

Le tuteur s'enfonce avant de poser l'arbre. Planté après, il traverse les
racines que vous venez d'étaler avec soin. Ensuite seulement, on place le plant,
on éparpille les racines à la main dans toutes les directions, et on vérifie la
hauteur avec un manche d'outil posé en travers du trou. Le collet, cet
évasement entre le tronc et les racines, arrive au niveau du sol fini. Sur un
fruitier greffé, le renflement du point de greffe reste dix à vingt centimètres
au-dessus de la terre. Enterré, le greffon fait ses propres racines, le
porte-greffe ne sert plus à rien, et le pommier que vous aviez choisi pour
rester à trois mètres en fera huit.

Rebouchez avec la terre du trou. Tassez au pied, pas au talon. Formez une
cuvette, et arrosez, même en décembre, même sous la pluie. Ce seau d'eau ne
désaltère personne : il fait couler la terre fine entre les racines et supprime
les dernières poches d'air. Dix litres pour un jeune fruitier. Puis un paillage
épais, en dégageant le tronc sur une largeur de main.

## Faut-il arroser un plant à racines nues

Après l'arrosage de plantation, l'arbre n'a plus besoin de rien jusqu'au
printemps. Il n'a pas de feuilles, il ne transpire pas, il fabrique des racines.

C'est en mai et en juin que ça se joue, quand le feuillage sort alors que le
chevelu n'est pas reconstitué. Et c'est surtout le deuxième été qui fait les
dégâts, celui où l'on a cessé de regarder parce que l'arbre a l'air installé.

Faites aussi un tour en février, après les alternances de gel et de dégel : le
sol soulève les plants mal tassés et les laisse avec les racines à moitié
dehors. Un coup de talon règle ça, à condition d'être passé voir.

## Venez choisir vos plants entre novembre et mars

Nous arrachons du mercredi au samedi, de novembre à mars, et nous pralinons
devant vous. Venez avec la surface à planter et, si vous l'avez, une photo du
terrain : on vous dira quelles variétés tiennent dans votre sol, à quelle
distance les espacer, et lesquelles il vaut mieux oublier. Les quantités par
variété sont limitées et certaines partent en trois semaines, alors si vous
avez un verger en tête, novembre vaut mieux que février. Pour une haie entière
ou un verger, nous nous déplaçons voir le terrain et nous chiffrons la
plantation.
