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name: Réussir une plantation
heading: Comment planter un arbre pour qu'il reprenne
title: "Comment planter un arbre : trou, collet, tuteur, arrosage"
metaDescription: >-
  Le trou, le collet, le tuteur, l'arrosage de reprise : les gestes qui font
  qu'un arbre s'installe, dans les terres lourdes de l'Yonne.
socialTitle: Les gestes qui décident de la reprise d'un arbre
intro: >-
  Un arbre mal planté ne meurt pas tout de suite, et c'est bien le problème. Il
  végète deux ans, il fait des feuilles de plus en plus petites, et il sèche au
  quatrième été sans que personne ne fasse le lien avec cette heure de janvier
  où on a creusé un peu vite parce qu'il pleuvait.
publishedAt: '2026-11-26'
plants: [pomme-jubile, erable-champetre, viorne-obier, seringat, weigela]
categories: [fruitiers, haies-champetres, arbustes-ornementaux]
services: [creation-de-verger, plantation-de-haie, creation-de-jardin]
image: reussir-une-plantation
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## Choisir l'emplacement

On choisit presque toujours l'emplacement en dernier, une fois l'arbre acheté,
et c'est l'inverse qu'il faut faire.

Commencez par là. Combien d'heures de soleil, en juin et en décembre. D'où
vient le vent qui vous embête. Où l'eau stagne au mois de janvier, ce qu'on ne
sait jamais quand on visite une maison en juillet. Et quelle place la plante
occupera adulte, ce qui est la question qu'on élude toujours.

Cette dernière coûte cher. Une viorne obier vendue à cinquante centimètres fera
trois mètres de large, un érable champêtre davantage, et un pommier Jubilé
haute-tige en fera huit, même si vous vous étiez arrangé pour ne pas y penser. Un massif planté serré est
joli à trois ans et devient une bagarre à dix, où l'on finit par arracher ce
qu'on avait mis le plus de temps à choisir. Un seringat et un weigela posés à
un mètre l'un de l'autre finissent par n'en faire qu'un, et c'est toujours le
plus joli des deux qui passe à la trappe.

Il y a aussi la règle qu'on découvre par le voisin. L'article 671 du Code civil
impose cinquante centimètres de recul par rapport à la limite séparative pour
une plantation qui restera sous deux mètres, et deux mètres au-delà. La distance
se mesure au milieu du tronc. Un prunier planté à quarante centimètres de la
clôture se termine à la tronçonneuse quinze ans plus tard, et rarement dans la
bonne humeur.

## Quand planter

De novembre à mars pour tout ce qui perd ses feuilles, donc pour les fruitiers,
les plants de haie et les petits fruits, qui se vendent alors à racines nues. En
septembre-octobre ou en mars-avril pour les vivaces et les persistants en
conteneur. En juin sur une terre chaude, seulement si on ne peut pas faire
autrement, et en sachant qu'on s'engage à arroser tout l'été.

Deux jours se refusent, et ce sont les mêmes chaque année. La terre gelée en
profondeur, où les mottes ne se referment pas. Et la terre gorgée d'eau : après
une semaine de pluie, une argile travaillée se lisse sous la bêche comme un
colombin de potier, et elle garde cette forme jusqu'à l'été. Laissez ressuyer
deux ou trois jours, jusqu'à ce qu'elle s'émiette dans la main.

## Quelle taille pour le trou de plantation

Les racines nourricières travaillent à l'horizontale, dans les quarante premiers
centimètres. Creuser à un mètre ne sert à rien. Élargir sert à tout.

Un trou trop petit, on en voit le résultat trois ans plus tard : l'arbre a la
taille d'un balai, il refuse de bouger, et le propriétaire est persuadé d'avoir
acheté un mauvais plant. Comptez deux à trois fois l'étalement des racines ou le
diamètre de la motte, et une profondeur qui n'excède pas la hauteur des racines.

Dans nos argiles calcaires, il faut en plus griffer les parois à la
fourche, sinon le coup de bêche les a lissées et les racines butent contre une
paroi de pot sans jamais en sortir. Cassez aussi le fond, pour que l'eau puisse
descendre au lieu de s'installer.

Rebouchez avec la terre extraite, à laquelle on peut mêler un tiers de compost
bien mûr, mélangé à l'ensemble et pas déposé en couche. Ne remplissez pas le
trou de terreau du commerce : vous fabriqueriez une poche confortable dont
l'arbre ne sortirait jamais, et une baignoire qui garderait l'eau tout l'hiver.
Le sujet a l'air content deux saisons, puis il s'asphyxie.

## À quelle hauteur placer le collet et le point de greffe

Le collet est l'évasement entre le tronc et les racines. Il se place au niveau
du sol fini, ni plus haut ni plus bas. Enterré, il pourrit lentement ; trop
haut, il laisse des racines à l'air. Posez un manche d'outil en travers du trou
pour vérifier avant de reboucher, en anticipant le tassement.

Sur un fruitier greffé, il y a un second repère et c'est celui qu'on oublie : le
point de greffe, ce renflement visible au-dessus des racines, doit rester dix à
vingt centimètres au-dessus de la terre. S'il finit enterré, le greffon émet ses
propres racines, le porte-greffe cesse de jouer son rôle, et le pommier que vous
aviez choisi parce qu'il devait rester cueillable depuis le sol part à huit
mètres. Ça ne se répare pas.

## Poser un tuteur sans étrangler l'arbre

Il s'enfonce avant de poser l'arbre. Planté ensuite, il traverse les racines
qu'on vient d'étaler avec précaution, et personne ne s'en aperçoit.

Son travail est d'empêcher le vent de faire bouger la motte pendant que les
racines s'installent. Il reste donc bas, au tiers de la hauteur, avec une
attache en huit, un lien large et souple, et du jeu. Une sangle serrée sur une
écorce qui grossit étrangle un arbre en trois ou quatre ans. On en trouve dans à
peu près tous les jardins, incrustée dans le tronc, et le propriétaire ne l'a
jamais revue depuis le jour de la plantation.

Retirez le tuteur au bout de deux ans, trois au maximum. Un arbre qui n'a jamais
eu le droit de balancer ne fabrique pas de bois de réaction et reste fragile
toute sa vie.

## Faut-il arroser à la plantation en hiver

L'arrosage de plantation ne se discute pas, même sous la pluie de décembre. Il
ne sert pas à donner à boire à un arbre qui n'a pas soif : il fait couler la
terre fine entre les racines et supprime les poches d'air qui les
dessécheraient.

Formez une cuvette, versez lentement, dix litres pour un jeune fruitier et
davantage pour un sujet plus fort. Si l'eau ruisselle au lieu d'entrer,
attendez quelques minutes et recommencez. Sur nos terres, elle met du temps à
descendre.

Ensuite l'arbre a besoin d'eau au printemps et à l'été qui suivent. Surtout au
deuxième été, celui où l'on arrête de regarder parce que le feuillage a l'air
correct.

## Pailler, et laisser l'arbre tranquille

Une couche de dix centimètres sur toute la surface travaillée, feuilles mortes,
tonte séchée ou broyat, en dégageant le tronc sur une largeur de main. Le
paillage garde la fraîcheur, tient l'herbe à distance et empêche la pluie de
refermer la terre.

Puis laissez tranquille. Pas d'engrais la première année, pas de taille de
confort, pas de bêchage au pied. Un jeune arbre fabrique des racines, et il le
fait mieux quand on l'oublie.

## Nous préparons vos plants, et nous les plantons si vous voulez

À la pépinière, nous arrachons les fruitiers et les plants de haie au fur et à
mesure, nous rafraîchissons les racines et nous les pralinons pendant que vous
chargez la voiture. Venez avec les dimensions de la parcelle et l'exposition, on
regardera ensemble les distances et les emplacements, et on vous dira où ne pas
mettre le prunier. Et si ouvrir vingt trous dans une argile de Puisaye au mois
de janvier ne vous tente pas du tout, ce qui se comprend, c'est aussi notre
métier : nous nous déplaçons dans un rayon d'une heure autour de La
Ferté-Loupière et nous établissons un devis.
